Alicia Ribaud, Sophrologue à Besançon
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Alicia Ribaud
Sophrologue à Besançon
 
Alicia Ribaud, Sophrologue à Besançon

Le stress et ses effets sur le corps : l'exemple des troubles musculo-squelettiques

 

Aujourd'hui je souhaite vous proposer à la lecture, un thème qui me tient particulièrement à coeur, celui des effets du stress sur le corps. Vous retrouverez dans ce texte un extrait d'un des mes travaux de recherches universitaires en psychologie, où je vous propose une définition du stress et de ses manifestations notamment de son incidence sur le corps avec l'exemple des troubles musculo-squelettiques (TMS)

 

Ce travail de recherche m'a aussi amenée à réfléchir différemment pour pouvoir proposer des solutions adaptées face au stress et ses conséquences. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'enrichir ma pratique en me formant à une technique psycho-corporelle efficace : la sophrologie

 

 

  1. Le stress :

 

Il y a différentes formes de stress, aigu, post-traumatique ou chronique.

Le stress aigu, se manifeste lorsque l'individu doit répondre rapidement à une situation imprévue. Le rythme cardiaque s'accélère, la bouche devient sèche et la sudation augmente. Mais au fur et à mesure que la situation s'éloigne, l'état physiologique retourne à la normale.

Le stress post-traumatique survient chez l'individu face à l'évocation d'un événement traumatisant, il peut subvenir de un à trois mois après l'événement (de façon aiguë) ou au moins trois mois après (chronique) ou encore plus de six mois, voire des années après l'événement (différé).

Le stress chronique, provient d'une exposition prolongée à des agents stressants, que l'individu a du mal à identifier.

 

Il y a différentes conceptions théoriques du stress. La première est une conception apparue dans les années 40-50, après des études sur les militaires au combat, ici le stress est une propriété objectivement mesurable de l'environnement (fumée, charge de travail, bruit...). On peut citer, pour mieux comprendre cette conception, la définition de Symonds (1947) « On doit comprendre une fois pour toutes que le stress est ce qui arrive à l'homme, non ce qui se passe en lui. C'est un ensemble de cause, non un ensemble de symptômes. », (Truchot, 2004, pp 44-45).

Mais il existe d'autres conceptions, qui voient le stress comme une réaction physiologique. Dans cette conception, on retrouve celle de Cannon, au début du XX ème siècle, qui sera elle-même prolongée par celle de Selye dans les années 50. A la différence de la première conception le stress n'est plus le stimulus qui provoque une tension, mais une réponse au stimulus. Ainsi quand l'individu se trouve face à une situation menaçante, il y a un ensemble de réactions physiologiques qui permettent à l'organisme de combattre, fuir, échapper à la situation menaçante. Cette conception peut se résumer sous la forme du schéma suivant :

 

Les trois phases du syndrome général d'adaptation de Selye (Truchot, 2004, p 45)

 

Nous devons notifier que cette conception du stress qui est basée sur le stimulus-réponse ne prend pas en compte les facteurs psychosociaux ainsi que les caractéristiques individuelles qui peuvent renforcer ou au contraire diminuer les effets et des stresseurs et les réponses à associer.

 

Plusieurs études ont été menées au cours des années 1960 pour tenter de comprendre pourquoi, lorsque les individus sont confrontés à un même stresseur, ceux-ci ne réagissent pas de la même manière, plus précisément n'ont pas les mêmes réponses. Les modèles qui en découlent se basent sur l'interaction dynamique entre l'individu et l'environnement. Les caractéristiques de l'individu et de l'environnement engendrent par leur interaction du stress.

Toutefois, parmi ces modèles se distinguent les approches interactionnelles et transactionnelles. Plus précisément, l'approche interactionnelle étudie l'interaction entre stimuli et réponses. En ce qui concerne l'approche transactionnelle, elle implique une médiation psychologique et une boucle de rétro-action qui dépasse le stimulus/réponse. Ainsi cette approche étudie les processus psychologiques et leur contexte.

 

Attardons-nous quelque peu sur le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman qui a une importance considérable sur les études menées actuellement sur le stress et le burnout. D'après Lazarus, une situation n'est stressante que si un individu l'évalue comme stressante, ce qui implique aussi que la réponse ne sera provoquée que si la situation est évaluée comme telle. Ainsi cela expliquerait pourquoi les individus ne réagissent pas de la même manière face à la même situation, en fait la réponse dépend de l'interprétation que fait l'individu de l'événement.

 

Ainsi un concept émerge et met au centre de cette conception, l'évaluation cognitive. Ce concept expose que l'individu est actif face à l'environnement. En effet il est actif, puisqu'il évalue et répond en fonction de l'évaluation qu'il fait des événements qu'il rencontre. Ainsi selon cette conception, les cognitions ont un rôle prépondérant dans l'émergence du stress. Nous pouvons, pour illustrer ce que nous venons de développer, citer Lazarus et Folkman. Pour eux le stress est « une relation particulière entre la personne et l'environnement, relation évaluée par la personne comme éreintante ou excédant ses ressources et mettant en danger son bien-être » (Lazarus et Folkman (1984), in Truchot, 2004, pp 48-49).

Pour les deux chercheurs, il y a une distinction entre évaluation primaire et évaluation secondaire. Ainsi dans l'évaluation primaire l'individu va évaluer la situation où l'événement auquel il doit faire face. Selon eux, les individus pourront juger l'événement ou la situation comme non pertinents, pertinents et positifs, pertinents et négatifs. C'est dans le dernier cas que subviendra le processus de stress.

L'évaluation secondaire, va évaluer ce qui peut être mis en place pour faire face à la menace, mais aussi ce qui peut être pertinent ou efficace dans ses réactions potentielles. L'individu va en fait chercher dans ses ressources disponibles, qu'elles soient internes ou externes.

C'est ce qui résulte de ces évaluations qui va engendrer la réponse de l'individu. Ainsi l'évaluation qu'aura fait l'individu de la situation ou de l'événement médiatisera la relation entre le stresseur et la manière d'y faire face, autrement dit le coping. 

 

Après avoir défini et exposé les différentes conceptions du stress nous allons désormais nous pencher sur l'intérêt de prendre en compte le stress dans cette étude qui concerne les troubles musculo-squelettiques.

 

  1.  Le rôle du stress dans les troubles musculo-squelettiques (TMS)

 

La littérature concernant les liens entre TMS et stress, envisage le stress comme « un ensemble de manifestations physiologiques comportementales et émotionnelles provoquées par des situations qui menacent l'intégrité physique ou psychique de l'individu » (Aptel et Cnockaert, 2002). En ce qui concerne le stress au travail, le stress le plus souvent rencontré est le stress chronique (cf définition du stress chronique plus-haut).

 

Pour prendre en compte le stress en lien avec les TMS, il semble nécessaire de rappeler que le stress met en jeu quatre systèmes : le système nerveux central, le système nerveux végétatif, le système ''endocrine'' et le système immunitaire. Ces quatre systèmes fonctionnent en réseau pour permettre à l'organisme de conserver son homéostasie. Nous allons développer ici l'incidence de l'activation de ces systèmes (par le stress) et ce que cela engendre en ce qui concerne les TMS.

Premièrement en ce qui concerne le système nerveux central, son activation accroît le niveau d'activité (tonus) de la formation réticulée, ce qui provoque donc une augmentation du tonus musculaire, ce qui a pour incidence d'accroître la ''charge biomécanique'' des muscles et des tendons et donc contribue ainsi à augmenter le risque de TMS-MS.

Deuxièmement, en ce qui concerne le système nerveux végétatif, le stress l'active et ainsi active la sécrétion des catécholamines (adrénaline et noradrénaline). Ces substances libérées dans le sang vont provoquer une augmentation du tonus réticulaire entre autres. L'incidence pour les TMS-MS se trouve dans la restriction de la micro-circulation dans le muscle et à proximité des tendons, qui n'ont pas une vascularisation importante. Ceci implique une diminution de l'apport en nutriment aux tendons et entrave le processus d'auto-réparation des micro-lésions des fibres tendineuses, consécutives aux contraintes biomécaniques excessives, et par ailleurs favorise l'apparition de la fatigue musculaire chronique et de myalgies.

Troisièmement, le stress engendrant une activation du système nerveux central, qui par le biais de l'hypothalamus, active à son tour l'hypophyse, qui déclenche elle-même entre autres la libération de corticoïdes par la glande cortico-surrénale. Ces corticoïdes (corticostérone, cortisol) agissent sur le rein et peuvent provoquer des œdèmes. Pour son incidence sur les TMS-MS, les œdèmes peuvent provoquer des ''syndromes canalaires'' par la compression locale des nerfs par les tissus adjacents (tendons...) touchés par l'œdème.

Quatrièmement, et en ce qui concerne le système immunitaire, le stress active le système nerveux central qui active à son tour la production et la libération de cytokines (substances sécrétées par le système immunitaire). Certaines de ces substances, comme les interleukines, sont pro-inflammatoires et ainsi favoriseraient ou provoqueraient des TMS-MS (inflammation des tendons).1

 

Dans la littérature, on retrouve plusieurs hypothèses entre le stress et troubles musculo-squelettiques2. Dans ces différents articles, le stress pourrait être associé de plusieurs façons au développement et à l’évolution des TMS. Trois types d’effets ont été envisagés dans la littérature : effets physiques, comportementaux et psychologiques (Smith et Carayon, 1996).

 

    • Les effets physiologiques :

Le stress pourrait induire plusieurs changements d’ordre physiologiques : une tension musculaire accrue, une augmentation de la pression sanguine, une augmentation de la réponse immunitaire et une production de cortisol.

-L’augmentation de la tension musculaire et de la force associée au stress (Ursin et al. 1988 ; Bongers et al. 1993) pourrait être le médiateur entre le stress ressenti par les opérateurs et les symptômes musculo-squelettiques. Theorell et al. 1991, ont montré sur un groupe de 207 opérateurs que des conditions de travail stressantes étaient associées à des émotions négatives (anxiété…) des réactions psychosomatiques (fatigue, troubles du sommeil…) et une tension musculaire accrue. Cette tension était associée à des TMS du dos, de la nuque et des épaules.

-Le stress est susceptible d’entraîner également une augmentation de la pression artérielle et selon Amstrong et al. (1993), les personnes avec une pression artérielle élevée seraient plus susceptibles de développer un syndrome du canal carpien.

- Le stress favorise également la production de cortisol ce qui peut mener à une rétention de fluide et à des compressions nerveuses.

-Enfin, le stress pourrait induire une baisse de l’immunité qui pourrait limiter la réparation des tissus lors de micro-lésions (Smith et Carayon, 1996).

 

    • Effets comportementaux du stress

 

Le stress peut modifier le comportement des opérateurs qui sont susceptibles de réagir en réduisant les temps de pause, en travaillant plus, en utilisant une force excessive (Feuerstein, 1996). Par ailleurs, les personnes stressées feraient moins attention à leur santé, fumeraient et boiraient davantage, auraient des problèmes de sommeil et de fatigue. Ces comportements pourraient les rendre plus vulnérables aux accidents et aux maladies (Smith et Carayon, 1996). Mais même si ces hypothèses semblent plausibles, en pratique les effets comportementaux du stress semblent difficiles à étudier en relation avec les TMS. En effet, il semble difficile de pouvoir quantifier des comportements. Surtout lorsque les comportements incriminés sont de l’ordre de l’augmentation.

 

    • Effets psychologiques du stress

Selon Bongers et al. (1993), le stress pourrait réduire les capacités de « coping » des sujets face aux contraintes de travail, le « coping » étant la stratégie générale, consciente ou inconsciente, que la personne adopte pour faire face à une situation particulière.

Par ailleurs, le stress pourrait accentuer la perception des symptômes somatiques et dès lors, augmenter les plaintes des sujets ; les personnes stressées transformeraient un trouble psychique, une sensation de mal-être, en un trouble physique : les TMS.

 

Peu d’études, voire aucune, n’ont abordé les effets du stress en lien avec les TMS, surtout en ce qui concerne les effets comportementaux et les effets psychologiques.

 

Nous venons de voir que le stress favorise, voire même provoque des troubles musculo-squelettiques.

 

 

1 M. Aptel, J.C Cnockaert, Liens entre Troubles Muculo-Squelettiques du membre supérieur et stress, 2002.

2 J. Malchaire, N. Cock, B. Indesteege, A.Piette, S.Vergracht, Influence des troubles musculosquelettiques, convention de recherche, INRCT-UCL.HYTR.

 

 

Extrait du mémoire de recherche de Master 2 Psychologie 

"Le rôle des caractéristiques psychologiques, du stress et des stratégies de coping sur les TMS" Etude auprès de sapeurs-pompiers professionnels

Etude réalisée par Alicia Ribaud

 


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